Vous êtes rentré fourbu de promenade, vous avez raccroché le perf clouté à sa patère et enfilé vos charentaises à sequins. Que se faire à manger en retour de balade à zoner dans Paris dans l’espoir de se faire repérer comme futur Ministre de la Flemme ? Poucrave répond, avec ce repas simple, léger et délicieux.
Commencez par le traditionnel tour de placard dominical pour rassembler ce qu’il faut pour tenter d’avoir des idées sans garantie aucune de devenir prix Nobel d’Einstein pour autant.
Patates, carottes, oeufs, farine, vieux reste de chocolat, oignons, bouquet garni, sucre et sucre glace, du vin blanc Fin Bouquet, un reste de jambon serrano, beurre, des bouillons de légumes en cubes. Tout est a priori chiant à crever dans ces ingrédients, mais c’est oublier l’incroyable talent de poucrave pour agrémenter les plus somptueuses chiasses de paillettes chatoyantes.
Ordonnez tout ça et séparer le sucré du salé pour confectionner là un ragoutoutou de pauvres et un dessert pas trop de pauvre pour après. Il s’agit d’une ancestrale recette héritée de lignée de pauvres deux-sévriens pour palier aux pénuries de mogette. Un plat dévoré avec joie, entrain et appétit car le deux-sèvrien est ainsi : joyeux même même si on le balance dans le tas de fumier devant chez la voisine Fernande, dont le mari Joseph (ne pas confondre avec Marie Joseph qui est votre mère-grand dont la spécialité est un talent inégalé pour planquer le solutricine de Papi) ne manquerait pas de vous engueuler d’avoir tout mis le bazar dans son organisation de fumier sauf que vous comprendrez rien vu qu’il pâtoise et qu’en plus il se bidonne.
Cette leçon de vie dument assimilée en promesse intérieure de ne jamais jamais foutre ô grand jamais, revenons à nos chèvres :
d’un côté : les oeufs, farine, chocolat, beurre, sucre, une vague nostalgie des champs du bocage et du petit pont sous lequel on allait fumer des clopes avec un de ses adelphes (c’est le mot tendance à paris pour les fratries inclusives, ça permet de gagner du temps plutôt que faire son Eddy Mitchell pour sermonner sur le boogie avant les prières du soir. enfin si j’ai bien tout compris) dans la plus pure tradition du vol de gauloises parentales. On apprend tôt chez les ploucs, pas comme ses précieux citadins à attendre la faculté d’études supérieures de la sorbonne de gros snobs pour éventuellement commencer à penser à commencer leur cancer avec des Vogues mentholées et encore. Il faut entretenir les mythes et bien puer le vieux cendrier assez tôt dans la vie pour conserver son air maussade en plissant dument les yeux comme Clinet Iswoude dans son blouson noir en plastique de chez Jennifer et ainsi terroriser quiconque avec un bac +12 qui passe devant ton spot à canette sans trop te fatiguer. Effet secondaire non négligeable : révèle la réelle nature de canette de 8.6 de ta 50cl de Cristalline à la pêche aux érudits, car le vrai travail ça fait comme les lunettes dans They Live ! et à Paris encore plusse que devant le Courlis (déso je fais de la rubrique mode et cuisine de niche de niche de niche). Mais revenons à nos moutons.
Pour confectionner, donc, des éclairs au chocolat. Tapez « éclairs au chocolat » et suivez la recette sur Marmiton (n’oubliez surtout pas de lire les commentaires si vous voulez remplacer le beurre par des huitres).
pour le ragoutoutou c’est très simple : peler des patates, peler des carottes, éplucher des oignons, couper tout à l’opinel traditionnel qui sert à couper tout ce qui doit être coupé. Mettre à fondre les oignons dans du beurre.
Quand les oignons commencent à avoir l’air cuits, tu singes le bazar (Ça veut dire que tu saupoudres de farine, pas que tu l’imites pour le faire marrer) tu touilles bien et tu mouilles (je… non rien) avec un fond de vin blanc fin bouquet premier prix. Attention ! Ne le buvez surtout pas pour faire passer le temps, sous peine de finir comme dans Street Trash. L’époque lointaine où on picolait la Pelure d’Oignon comme si c’était du Cacolac est révolue. C’est ce qu’on appelle « mûrir » (C’est comme purtir, un peu.)
Ensuite, tu ajoutes le bouillon en cube dilué dans de l’eau chaude pour obtenir un véritable bouillon de légumes, tu touilles, tu ajoutes les carottes et les patates débitées en morceaux assez gros, le bouquet garni et tu baisses le feu pour laisser mijoter le temps qu’il faut pour que ça cuise sur feu plutôt doux.
Le temps que ça cuise, tu peux assembler tes éclairs au chocolat avec la pâte et la crème qui ont pu refroidir. Quand le ragoutoutou est prêt tu peux le déguster
et voilà le powerpoint de 3 photos de la totalité de la confection du repas :

les ingrédients bruts et sauvages du ragout de naguère.

glaçage de l’éclair traditionnel sur assiette à radis (mon unique assiette à dorure a péri dans un accident d’évier)
les plus malins auront noté que le jambon a disparu. je l’ai mangé façon régime paléo : à même la barquette, debout et en grognant pendant que les choux cuisaient.
