c’est l’printemps

Il fait beau, les vaches volent et les mouches pètent, la journée idéale pour une marche sportive. Sautillante mais modérément tout de même.
Vous faites votre petit tour sous un soleil de printemps, vous suez dans les collants sous le futal de chantier et vous vous dites que possiblement faudrait songer à basculer à la saison douce, à un moment, ou vous risquez d’embaumer le musc jusqu’à lyon et on risquerait une émeute orgiaque mal foutue. Vous passez à Jaurès devant la table des revendeurs de vieux stocks de livres pas chers et soudain la vérité vous foudroie : nom de dieu, vous êtes ignare, vite, il vous faut une de ces choses imprimées et reliées habilement. Vous laissez errez votre oeil torve quoique joli car bien cerné sur l’étalage. Voilà un ouvrage prometteur, sans doute y trouverez vous le sens de la vie et des émeutes orgiaques bien organisées.

Alors, de votre poche gauche et pas la droite car vous avez mal rangé vos tiroirs, vous extirpez les 3 écus et les tendez à l’accorte colporteuse, avant d’embarquer ce grimoire que le clochard habitué du coin demande à voir. Vous lui montrez avec force enthousiasme en lui feuilletant les pages sous les yeux, avant de vous demander pourquoi son visage passe de l’expression de curiosité sympathique à la plus franche terreur.
Vous passez votre chemin en vous disant qu’il a du tomber sur du seigle à mycoses, le pauvre bougre.
Continuant votre grande boucle, et après avoir trainé vos effluves au parc en feuilletant votre grimoire, vous vous dites qu’il serait temps quand même d’avoir l’air d’une Vraie Fâme Véritable. Vous passez chez le fripier qui vous demande des nouvelles en oubliant de mentionner les scorpions, et vous trouvez ce qu’il vous faut, presque magiquement comme le livre trouvé avant puisque c’est là, sous votre nez. C’est tout de même un peu trop simple, c’est assez étrange, avant de balayer cette pensée dans l’air doux et de continuer votre route. Vous passez devant la boite à livres et tombez stupéfait, c’est incroyable, alors que vous achetasses une robe immaculée et garnie de fleurs vous tombez sur d’autres ouvrages parfaitement adaptés, et tout une pile !

Enfin vous allez vous révéler telle que vous êtes : pure, innocente, vierge, douce et complètement con ! c’est donc ça le secret des livres, vous vous émerveillez 3mn mais soudain vous réalisez, ainsi vêtue, que le charme n’opère pas car vous avez toujours cette faculté d’émerveillement. Merde. vous avez du louper un chapitre, alors vous relisez.

Vraiment c’est curieux, tout est pourtant là. Ha mais c’est que vous avez oublié de consulter les autres livres, pardi tête de linotte, vous frappez vous le front en vous les remémorant sur le trottoir, tout juste trouvés dans la boite résolument magique ?


Mais oui ! la solution doit être là, vous commencez à peaufiner votre ensemble, mais il manque toujours un petit je ne sais quoi

Voilà. Il ne s’agissait que d’attention prêtées aux écrits sages, vous aviez sauté quelques lignes concernant l’accessoirisation. Vous êtes désormais vraiment pure, innocente, vierge, douce et complètement con , alélouya Satana