foie gras II

Ouaiiii je sais, je me plains de pas avoir de sous, et quoi ? je fais du foie gras ?! he bah ouai, mes petits cocos, parce qu’un foie gras frais extra vaut moins cher que la moindre sortie, ouai madame. Alors c’est bon, quoi. Et ça me plait de faire enrager le petit con qui trouve que je « fais trop ma punk et que je suis ridicule ». La punk se fait un foie gras, c’est un comble.

Donc ce coup ci, j’étais au marché quand un producteur de canard gras bien d’cheu nous me fait de l’œil, avec ses beaux foies frais crânement exposés dans sa vitrine impeccable. Et qu’est-ce que je fais moi hin ? Je cours m’acheter des radis ? Bon oui en fait j’ai acheté de la salade, aussi, puisque mon cher et tendre fait la fine bouche devant tout ce qui est animal, chacun sa croix, notez l’ironie quand sait que mon plat de prédilection pour draguer, c’est le boeuf bourguignon. J’ai pris un foie extra, très frais puisque la bête avait été tuée deux jours plus tôt, me dit le charmant producteur.

Pouf, pouf. Donc, à  noël, j’avais testé la version Léautney, pas mal, mais l’ennui majeur, c’est que c’était pour faire des terrines, et un foie entier, j’ai beau aimer beaucoup ça, je me vois mal m’enfiler que ça pendant une semaine. Donc je cherchais des recettes pour en faire en bocal et pouvoir en conserver. Après moultes recherches et recroisements de recettes, je retiens cette page, moche mais avec tout un tas de très bons conseils. Donc : 1/ tu dénerves le foie. C’est chiant, et faut être rapide, surtout en juillet, si tu veux pas perdre la moitié de ton foie rien qu’à  cause de la chaleur. Ceci dit en ce moment on craint pas trop de ce côté là  ma bonne dame, y’a plus de saison, et je t’en foutrais du réchauffement climatique et de la sécheresse, tiens. Donc, tu dénerves, c’est énervant. Si le foie est propre, ça suffit, sinon, tu le fais dégorger dans de l’eau additionnées de glaçons pendant genre une heure. Tu l’éponges avec du papier absorbant, et tu l’assaisonnes, avec environ 8 grammes de sel (vu qu’il faut un foie pas trop gros pour pas qu’il perdre trop de graisse, maxi 500gr, le mien faisait 400gr et des brouettes. Oubliez les foie énormes genre 700grammes, ça vaut rien, comme ils en vendent sur un autre stand aux capus, là , n’importe quoi), 2 grammes de poivre fraichement moulu, appuyez avec la paume de la main pour imprégner le foie, sur toutes ses faces et ses petits morceaux rescapés du dénervage. Bon là , y’en a qui mettent de l’alcool aussi, moi j’ai fait au naturel, rien de plus.

J’avais 3 bocaux pour tout ça : 2 de 200 grammes et un de 125, ça a été chaud pour la cuisson. On verra ensuite. En fait c’était nickel pour la quantité de foie que j’avais. Là , il s’agit de foutre ce foie dans les bocaux, c’est un peu relou parce que c’est pas bien grand, un bocal, mais bon, en tassant un peu ça marche, mais faut pas écrabouiller le foie pour autant, y vous a rien fait. Là , vous chopez les vieux torchons dégueulasses qui trainent, pour en mettre un au fond d’une cocotte, les bocaux fermés hermétiquement (avec de nouveaux élastiques à  bocaux, hin, attention) par dessus, et d’autres torchons entre eux pour éviter qu’ils s’entrechoquent et se brisent. Vous remplissez d’eau froide, pour recouvrir les bocaux, et fous ça sur le feu, jusqu’à  ébullition. Quand ça bubulle, tu baisse le feu pour un bouillonnement gentillet et régulier. À partir de ce moment à  tu comptes 20 mn et tu coupes aussitôt que les 20 mn se sont écoulées (20 minutes pour un bocal de 200 gr, dans le lien y’a les correspondances). Là , y’en a qui laissent dans l’eau mais j’avais peur que ça continue la cuisson et foute en l’air mon précieux foie, du coup j’ai retiré mes bocaux de la flotte pour les laisser refroidir comme ça (mais ne pas les passer sous l’eau froide ou les mettre au frigo, ça risque de péter les bocaux et ça ferait un peu chier). Le lendemain, hop, tout ça au frigo. Faut attendre minimum 3 jours avant de gouter, mais macache, j’ai gouté le lendemain, pour être sûre, le petit bocal, qui lui risquait la surcuisson. Bah même il était délicieux quoique un chouia granuleux à  cause de la cuisson je pense, et j’ai ouvert un autre bocal aujourd’hui (le premier c’était y’a deux semaines, quoi, ça va un bocal de foie gras par semaine, non ?) et putain de sa mère, comment c’est de la tuerie. J’avais peur que mon foie ait trop réduit, et en fait non, pas tellement. Doux, onctueux à  souhait, parfait, rien à  redire.

Le top du top pour 18 euros au lieu de environ 60 boules pour autant de foie gras de cette qualité déjà  cuisiné, sans saloperie d’additif, avec que du produit qu’on sait d’où ça vient, quand même, quoi j’ai fait une économie pas négligeable, non ? Oui, j’ai un sens de l’économie particulier, mais je vous emmerde, j’ai du foie gras.

EDIT de mars 2012 : j’ai refait le foie gras, même poids, et j’ai partagé de la même faon dans 2 bocaux de 200gr et 1 de 125. Mais ce dernier je l’ai mis à cuire tout seul à art, pendant 10 mn chrono selon la méthode expliquée là. NICKEL. Le côté granuleux venat effectivement de la légère surcuisson…

Samossas

16h hier, je décide que j’ai bien le droit aux RTT moi aussi, y’a pas de raison. Parce que depuis une semaine, des feuilles de brick trainent dans le frigo et que je repousse le moment de faire des samossas, il faut bien le dire, c’est un tantinet chiant à  faire.
Les samossas, tu mets ce que tu veux dedans. Je fais tourner pour ma part 2 recettes, une aux épinards, l’autre patates-petit pois, toutes les deux simplissimes et végétariennes, mais vous pouvez évidemment ajouter de la viande hachée, genre de l’agneau (j’ai jamais fait mais bon, ça me parait pas mal)
les vla :
les bases d’épices et condiments ainsi que la marche à  suivre sont les mêmes pour les deux recettes à  savoir : 2 c à  c de curry (plus ou moins selon le goût de chacun, of course), 1 c à  c de curcuma, une 1 c à  c de garam massala, 2 c à  c de cumin en grains, 2 gousses d’ail et 2 d’oignon, tout émincé. Du persil ou de la coriandre (encore mieux) fraiche à  volonté.

Aux épinards : il faut pour ça un gros bol d’épinards (plutôt hachés, et je prends des surgelés hin), une fois cuits et bien essorés, faut les sécher au maximum
aux petits pois : remplacer les épinards par des petits pois (surgelés aussi, selon la saison), en même quantité.

Farces :
cuire les patates coupées en morceaux à  l’eau, bien égoutter.
mettre à  cuire les oignons + ail avec toutes les épices dans un peu d’huile, à  la poêle. Quand les oignons sont cuits, ajouter soit les épinards, soit les petits pois. Laisser cuire 5 mn, puis ajouter les patates en morceaux, en les écrasant un peu à  la fourchette, bien mélanger. Et enfin, ajouter en fin de cuisson les herbes (coriandre ou persil) . Laisser refroidir.

Et c’est là  que ça se corse : faut fabriquer les samossas triangulaires avec les feuilles de brick qui sont rondes. Mais avant de céder à  la panique, regarde donc cette video et tu connaitras la solution. Ça demande un petit entrainement pour bien serrer les samossas, mais si même mon cher et tendre y arrive (sous la contrainte, certes), tout le monde peut le faire. Pour maintenir le samossa bien fermé, j’utilise un mélange de farine et d’un peu d’eau que j’applique sur le dernier pliage, et hop.
je les cuis à  la poêle à  feu vif (bien surveiller ça crame vite !) dans pas mal d’huile, mais pas un bain non plus. Une petite flaque, disons.

Je sers les deux recettes avec du riz et une sauce pas du tout indienne et pas du tout compliquée : faire chauffer 20cl de crème liquide, ajouter une dizaine de vache qui rit (plus ou moins, selon le goût hin), attendre que le fromage fonde, et ajouter du curry. Oui ça fait une tonne de sauce pour deux, je sais. Mais c’est bon alors mieux vaut trop que pas assez.
Si j’ai vraiment le courage, je tente une énième recette de naans au fromage, que j’arrive jamais à  bien faire, sans doute parce que j’ai pas de four tandoori.

Je vous emmerde.

On nous bassine que le foie gras, c’est difficile à  faire soi même. Ouais, c’est ça ouais. Je commence à  croire que c’est uniquement pour nous faire acheter le foie déjà  cuisiné, qu’on vend le double ou le triple du foie frais, pour que ça reste strictement un truc de riche, alors que finalement c’est juste un truc de mi-riche. Cette semaine, j’ai pété mon budget et me suis offert un foie frais extra (20 boules à  carrouf). Moultes recherches sur internet m’ont appris qu’il ne fallait pas prendre un foie trop gros pour qu’il soit bon, maximum 500gr. Sauf que j’en ai pas trouvé, le moins gros faisait 600gr, tant pis, allons-y. 100gr en plus ne vont pas me tuer, hin.

N’ayant jamais cuisiné le foie gras de ma vie, je stresse comme au bachot. Je me jette à  l’eau, me disant que c’est comme au poker : si je perds, ce n’est pas grave, j’aurai appris de mes erreurs. Alors je commence à  charcuter le foie pour le dénerver, là  encore j’avais pris conseil, et pas des plus pourris. Bon, mon foie fait un peu pitié après la délicate opération, tout éparpillé en tout petits morceaux façon puzzle, comme dirait l’autre. J’ai les mains hydratées pour 3 semaines -le canard gras c’est mieux que nivea- et il ne reste qu’à  faire baigner le foie dans de l’eau glacée pour finir de le nettoyer, le temps de chercher la bonne recette de marinade en fumant 10 clopes.

1/2 heure de trempage et un cancer des poumons plus tard, j’éponge mes morceaux de foie, et les mets à  mariner dans un mélange de 2 C à  S de cognac, 1 C à  C de sel et une de sucre, et d’un peu de poivre. Pendant les 2 heures de marinade, je fignole ma théorie de la cuisson de foie gras à  la Léautey. Mon four pourri ne descend bien évidemment en dessous de 100°C, ce con fait tout pour me faire chier. Tant pis, je prends le risque : je préchauffe le four à  100°C, et dans un plat en pyrex, je dispose mes morceaux de foie, et je pose par dessus 2 feuilles d’alu pour atténuer la chaleur du four, et c’est parti pour 20 mn de cuisson (au lieu des 25 mn à  90°C)
Au bout de 20 mn, je suis à  deux doigts de me pisser dessus, est-ce trop cuit, est-ce cru, j’en sais rien mais ce site m’apprend que même si il est flasque et a l’air cru, le foie est bel et bien cuit, si, si.
Y’a plus qu’à  le mettre dans une terrine méthode tetris, hop du papier sulfurisé par dessus, un poids pour tasser tout ça (genre brique de lait), et c’est parti pour une longue épreuve de patience de 3 jours. Je verse par dessus le gras clair fondu pendant la cuisson que j’ai pris soin de réserver.
Là , je ne sais absolument pas à  quoi m’en tenir, ce 3ème jour. Eh ben croyez moi ou non, mais il est réussi. Enfin, pas raté. Je dois encore voir pour améliorer la marinade, mais le défi de la cuisson est réussi.
Donc même avec un four pourri et zéro expérience, le pouilleux peut se payer le luxe d’une orgie de foie gras et emmerder les riches, ce qui n’a pas de prix.

les gougères

Tu es irrémédiablement pauvre. Pauvre à  manger la farine à  la cuiller, pauvre à  manger du beurre sans pain.
Mais sais-tu, misérable ami, qu’en combinant des éléments simples et si peu onéreux, tu peux obtenir de délicieux plats ? Sais-tu que les oeufs brouillés ne sont pas exclusivement réservés aux bourgeois ?
Toi, tu as la richesse du temps, tu es au chômage, et il est temps d’apprendre que tu peux te délecter à  peu de frais. Le bourgeois, lui, ne sait pas créer, il laisse ça à  ses laquais. Il ne sait rien faire, le con, Il sera gros jean comme devant, quand le pouvoir sera renversé, et qu’il aura envie de gougères !
Regarde dans tes placards, chasse les mites, et prends ce fond de paquet de farine discount. Tu en as 80 grammes ? Mais c’est parfait !
Dans ton frigo, un morceau de beurre, un fond de paquet de gruyère et 3 oefs. Et tu te plains ?
Mets ton four à  préchauffer à  200° le temps de rassembler tes derniers vivres et de les magnifier.
80 grammes de beurre, et 40 grammes de gruyère, c’est amplement suffisant. Puise donc 20 cl d’eau du robinet et mets la à  bouillir avec le beurre coupé en morceau dans ta vieille casserole.
Quand le beurre est tout fondu, ajoute d’un seul coup les 80gr de farine hors du feu.
D’un coup, m’entends tu ? Et là , mélange tout très vite, jusqu’à  ce que la panade (et oui car c’est son nom, tu vois un peu mieux de quoi tu parles à  longueur de journée maintenant, tu es toujours pauvre, mais un peu moins con) soit lisse et se détache des bords de la casserole. Si tu as un fouet, ça marche encore mieux pour cette étape.
Quand ta panade est lisse, remets là  à  dessécher un peu sur feu très doux, pendant une minute. Cette étape n’est pas indispensable. Coupe le feu, il n’y a pas de petites économies, et ajoute les oeufs entiers. Un à  un ou tous d’un coup, ça n’a aucune importance., mélange bien en prenant garde à  soulever la pâte pour emprisonner l’air en son sein, tel un précieux trésor. On peut être pauvre et poète.
Au début, tu vas paniquer à  l’idée d’avoir foutu en l’air d’indispensables ingrédients pour tes nouilles, parce que ça ne semblera pas vouloir s’amalgamer correctement. Apprends qu’il faut de la patience, un petit peu, et que la pâte finira par être uniforme et lisse, et qu’à  ce moment là  tu pourras ajouter le gruyère et un peu de poivre moulu.
La pâte est prête : sur une plaque de four, place une feuille de papier sulfurisé. Si tu n’en as pas, beurre la plaque et farine là , ça suppose d’avoir du rabiot de ces ingrédients bien évidemment.
Fais des petits tas de pâte, avec une cuiller ou une poche à  douille si tu as, de 3 cm environ, assez espacés car ils vont gonfler si tu as tout bien fait comme il faut.
Enfourne tes gougères, après avoir baissé un peu le four. La cuisson en deux temps est recommandée : dans un premier temps, à  four moyen, genre entre 120 et 180, à  toi de voir comment les gougères réagissent, pour les faire gonfler, et finir la cuisson à  four plus fort (200-250°) pour les faire dorer. Sinon tu es approximatif et naze, et tu fais toute la cuisson à  180°, pendant environ 20 minutes, à  surveiller.
Et voilà  ! De somptueuses gougères toutes chaudes pour accompagner ton vin blanc Fin Bouquet Spécial Crustacés de l’apéro, devant le JT où Woerth, droit dans ses bottes, t’expliquera pourquoi et comment il va te sucrer ta retraite.