le chauffeur de bus de l’angoisse

Tiens pourquoi je raconte plus ces conneries de pauvre un peu énervé là, je disais à une pote alors qu’on bavardait bien tranquillement sur nos vilaines habitudes de pauvres énervés au lieu de travailler pour être moins pauvres et énervés comme tout le monde. C’est vrai ça, ça fait longtemps qu’on a pas eu d’histoire de vigile ou de travailleur amoureux de sa boite, qu’est-ce qu’il se passe t’es devenu sage ou bien ? Ouf non car la dernière en date, c’était juste hier soir :

Donc je rentrais d’un concert. Jme suis dit attends vazy prends un bus, c’est pratique le bus quand on veut pas trop marcher et qu’on a la flemme de sauter un portique (surtout si on se pète systématiquement les genoux ou qu’on trouve ça fun de le tenter toujours quand y’a un troupeau de contrôleurs juste derrière, par exemple). Je sais plus où on prend le bus, et j’ai vu 3 bières, forcément je me retrouve là où les bus atterrissent et pas là où ils décollent. Bon. Je vois le bon bus, je m’apprête à monter dedans mais le chauffeur m’arrête avec un air qui me laisse pas trop espérer un Werthers original en cadeau de bienvenue :
-woh non non là c’est où les bus atterrissent faut aller plus loin pour prendre le bus

Plus loin, c’est à dire à 10m, c’est à dire que le gars reste dedans son véhicule, moi je ahane pour aller 10m plus loin, et le gars avance son véhicule sur ces 10m  où y’a rien de tout et ouvre les portes de son véhicule et dit bonsoir madame et moi je m’énerve. Donc je trouve tout ça parfaitement con, parce que c’est parfaitement con, alors je m’énerve.

-mais enfin il est là le bus c’est débile j’ai mal aux pattes (j’ai 48 ans bientôt, à envisager le tabouret portatif pour mes prochains pogos) je pourrais me poser, ça change que dalle

-nan c’est pas comme ça qu’on fait
-mais c’est totalement con
-c’est moi que tu traites de con
-non je dis que c’est con, c’est ta mère la RATP ou quoi qu’est ce que tu t’en fous
-wolaaaa le gars prend un air très méchant (il fronce les sourcils. je suis teubé mais j’apprends vite en observant)
bon j’insiste pas, je soupire  je fais 10m en grommelant et je rentre dans le bus mais tout ça me parait tellement stupide que bon encore une fois je peux pas m’empêcher de dire que je trouve ça très stupide (car ça l’est, bon sang de bois ! on m’a jamais cassé les couilles comme ça en prenant l’unique bus pour aller m’emmerder à Cerizay bon sang !)

-bonsoir voilà bravo super, 10m plus loin, y’a personne, bonjour le sketch
-quoi ?!
-bah oui oui c’est totalement bête ton truc, déso hin, mais je vois pas du tout ce que ça change à part satisfaire une envie de faire chier y’a PAS UN CHAT là

je scrolle mon téléphone en grommelant sur mon siège dans ce putain de bus vide et j’entends le gars appeler ses collègues pour geindre que y’a une méchante fille (? ça doit être moi je suppose vu que y’a personne d’autre) dans le bus « et même qu’elle m’a traité de connard ». Hou le vilain rapporteur ouuuh fayot fayot ! dommage j’ai pas de Bic pour envoyer des boulettes mâchouillées (penser à faire un petit kit d’urgence au cas où)

-non mais qu’est-ce que tu fais là, à appeler tes collègues ?
-…oui oui là elle continue…. oui là elle me demande ce que je fais oui

Bordel mais il va nous pondre une tribune dans le figaro si ça continue, ce con.
je me lève, passablement énervé, je me plante devant lui en sachant pas trop ce que je vais faire et je me plante devant lui qui appelle ses cons de collègues
– c’est quoi ça t’appelles les secours ?! c’est quoi ce délire ?

Le mec me regarde même pas, courageux comme un CRS en robe de gala intégrale et continue de chouiner dans les jupes de sa maman dans son téléphone. C’est marrant le téléphone interne des bus, on dirait un pot en forme de feuille de salade en céramique chiné au Bon Coin qu’on aurait planté en plein futuroscop- j’ai pensé brièvement et puis j’ai embrayé :

-okay bon ben je me casse en fait moi, allez, salut connard

et je me barre de son putain de bus.  Il prend un air totalement surpris d’un  coup et me lance

– quoi tu te barres ?!
– ben oui hin je suis pas maso

et je me taille comme un prince en lui dressant mon majeur par dessus l’épaule, genre sans même me retourner rien, tsais, clint eatswood, minimum, si clint portait son perf STAY PNUK et supportait plus trop la bière. On est en plein Mad Max mais écrit par Kevin Costner (en fait ça existe déjà, ça s’appelle Waterworld et il est super)

j’allais dire : FIN. mais voilà en fait ça m’a frappé en racontant à ma pote : c’est ma foutue malédiction qui continue encore et encore. Le mec fait partie de cette espèce particulière qui pense qu’on « rigole ensemble » à pas avoir l’air de piger sa place dans son petit jeu de merde qu’il a mis au point tout seul dans sa caboche sans m’en informer. Peut être que ce genre de gars s’imagine que je râle dans ces cas là pour passer le temps ou parce que j’adore ça, moi, m’engueuler avec des cons, va savoir.

Ça m’a rappelé une fois où je passais les portiques avant de prendre un avion y’a des années, j’avais oublié ce truc dans mes superbes histoires du genre. Le mec de la sécu qui décidait si tu pouvais passer ou pas était évidemment gigantesque avec une tête à rigoler quand il se crame et alors que je pensais passer pépouze pour aller poireauter avec le reste du bétail des vols low-cost. Le mec avait commencé à me chercher des poux à propos de mon tish Chambre Froide. Il me posait des tas de questions et ça a duré, duré, tant et si bien qu’au bout d’un moment je me suis dit mais bordel tu vas voir que je vais pas pouvoir embarquer à cause d’un putain de tish de black metal bordelais elle est bien bonne celle-là et que je vais rater mon stand et que je vais pas vendre 2 gravures et que je vais manger les nouilles sans beurre c’est un putain de DRAME. Bref, la panique montait dangereusement j’ai commencé à renvoyer chier (avec précaution quand même) le gros gars à lui demander pourquoi mon tish l’intéressait autant et si y’avait un putain de dress-code sur Poucrave-Airline et que j’aurais manqué l’info (ça m’aurait même pas étonné). Le mec a pris le même air surpris que chauffeur de bus amoureux de la RATP et il m’a dit d’un coup « ah mais je rigolais ! ». Ahuri, je lui ai démontré que l’eau mouille en 3 étapes :

1/ je suis pas ton pote
2/ tu peux choisir qui embarque ou pas

3/ on fait pas de réflexions sur mes sapes sauf pour s’exclamer que je suis splendide putain de merde*

Voilà, fin, allez bye j’ai des chips à baffrer devant friends pour toujours pas faire fortune

*traduction simultanées du regard « je te fusille » qui fit ma réputation dans toute l’édition.

Paris drama

Je suis bien stupide, alors je regarde les représentations des gars qui font du rentre dedans à des copines parce que je vois le cirque quand je suis pas sur scène à faire le clown. Bon ça serait quand même bien que ces gars partis trop loin en orbite aillent se branler ou s’enculent entre eux puisqu’ils peuvent pas saquer les meufs autrement qu’avec leur bite dedans, plutôt que malaxer des meufs ou des jeunes comme des baballes antistress, ça nous ferait bien des vacances et peut être qu’on arriverait un jour à glander forever au lieu de continuer à faire de la merde.

Et faire l’andouille pour les copains c’est pénible si je suis interrompue toutes les 20 secondes par un de ces mecs qui crèverait plutôt qu’assumer être sympa et ces gens qui veulent s’accaparer pour eux tous seuls les crétins marrants en privant le reste de l’humanité d’espoirs rayonnants de lendemains qui gazouillent et de frites éternelles. Je me ramasse à la petit cuiller un peu trop souvent par ici, après avoir bien vérifié que la machine arrière n’existe pas tellement, sauf à s’y mettre à plusieurs et jamais lâcher l’affaire. On est pas assez de gros crétins et la guerre est féroce et j’ai une telle flemme.

Comme ce matin à 12h40 encore au pieu avec une sévère gueule de bois, je chouinais abondamment dans mon oreiller en repensant à la soirée spéciale gros melons passée hier (avec un mec cool qui s’est glissé entre les deux gros melons, quand même, ouf), ouin ouin ouin les gens sont pas rigolos et puis j’ai senti ce chatouillement typique du pouffement en voix de formation au creux du bide pour remonter par l’œsophage. Car chialer comme un veau que les gens sont pas très marrants, c’est marrant. Possiblement ce chatouillement c’était le trop plein de bière, mais j’ai couru le risque de rester bien au lit surtout car je suis audacieuse. Ouf, c’était bien le rire et mes draps sont restés non pas propres mais tout juste décents, car voici mon histoire de soirée au jambon et porto d’hier :

On a commencé avec ce que je croyais être un rigolo coincé dans une vie chiante qui a apparemment pété une pile pour de bon et décidé qu’il allait être un gros con véritable pour continuer à palper la maille en prenant de grands airs humanistes. Il s’est mis à me hurler dessus dès que j’ai sorti un « salu ! » en passant la porte avec une pote. Il s’était apparemment mis en tête que mes pensées et mon attention tournent autour de sa personne H24, il confondait une main à peine posée sur une hanche et une pelle. Heureusement qu’il a pas assumé me kiffer jusqu’au bout parce qu’avec des connaissances anatomiques pareilles on aurait un peu risqué la baise de tchernobyl. Enfin bref tout ça me laissait pantoise et je regardais le gars me hurler dessus en me disant que possiblement c’était pas un pote rigolo, mais ça se trouve je me trompe vu que je l’ai vu être rigolo et sympa, c’était quand même bien bizarre.

J’étais venue choper des cadeaux pour des potes et moi-même vu l’ambiance invasion petits poneys nazis ça me parait pas mal urgent d’offrir des trucs parfaitement inutiles qui défoulent, et je me retrouve face à un mec que je pensais rigolo qui me hurle dessus de dégager que j’ai rien à foutre ici, et pourquoi pas devant ses clients on est plus à ça près. Je matais le truc éberluée et magnanime ou parfaitement idiote pour ne rien changer, je lui propose de discuter dehors, et il pète un câble comme l’autre nouille du collectif quand je l’avais recroisée. Il me tape un scandale que je vais lui faire un scandale ok.

Je lui fais remarquer qu’il vend à ses bobos de merde mais pas à moi, parce que quand même merde, qu’il se vexe comme un Poujade que je dise du mal de ses clients bobos parisiens c’est une chose que j’avais déjà du mal à capter mais me faire jeter, moi et mes 3 francs six sous à dépenser pour faire marrer des potes, ça me laisse tout de même bien songeuse quant à la portée artistique de l’ensemble et au génie du créateur. Alors que conne comme un manche je commençais à me dire des trucs aussi stupides que « non mais attends, ça se trouve il est en train de te dire que vaut mieux parler ailleurs et que tu devrais plutôt passer par sa boutique en ligne ça se trouve il veut pas que les bobos découvrent l’existence des gens rigolos », il a traversé sa boutique comme une furie pour venir se planter devant moi en tendant le bras pour désigner sa porte juste à côté (des fois que je l’aurais pas vu alors que je venais juste de la franchir, j’ai trouvé ça sympa de sa part aussi) dans une pose d’instituteur des années 50 très réussie. Il manquait juste la règle en fer à mon avis, mais je chipote.

Sans doute qu’on pouvait voir tout un tas de ??? autres !!! autour de ma tête car j’ai fait un peu de bande-dessinée. Je suis restée un petit temps à le regarder à me demander ce que j’allais faire, le temps s’est étiré comme un chouine gomme lors d’un duel de coboyes au mitan de la journée, des gouttes de sueur me coulait du front et ma casquette s’imprégnait comme un stetson.

Est-ce que je lui envoie mon poing dans la gueule. Ah oui non merde je sais toujours pas faire.

Une baffe ? non vu sa tronche et la disparition totale de toute espèce de maitrise ou de conscience de la scène en cours, il va m’envoyer son poing et même si il sait pas faire il va me détruire la mâchoire, j’aimerais bien réussir à traverser mon existence sans passer par là si possible.

Zut. Alors je l’ai toisé, le menton haut et le regard fier et j’ai juste lâché un « t’es un connard » en espérant que ma phrase était lourde comme un parpaing, j’ai déjà dit comme c’était ma spécialité. Je me suis jamais battue, j’ai jamais eu besoin et même à angoulême, j’ose espérer que c’est grâce à mon regard de folle et mes réparties choc.

Et je suis sortie comme ce que j’imagine être une reine, ma capeline de l’armée volant dans le vent doux de ce décembre apocalyptique (standing ovation), talonnée de près par ma pote stupéfaite de la tournure de la sortie que je lui avais présentée comme « marrante ». Parties pour une soirée Muppet, ça part direct du Sarah Bernhardt pour de parfaits Paris Drama, j’ai raté ma promesse. Elle voulait oublier un rigolo finalement pas rigolo en allant voir un rigolo resté rigolo c’est ma faute j’ai mal géré la sortie et mal jaugé le bazar. On décide alors de nous bourrer proprement la gueule parce que qu’est ce que tu veux faire d’autre.

En route pour le premier bar, je cogite pour assimiler le premier acte de la soirée : bon, restons pragmatique, faudrait que je pense à me dédoubler systématiquement pour mes prochaines séances de trapéziste intrépide qui fonce bille en tête dans toutes les idées de merde du genre « chouette un nouveau rigolo, rigolons ! ».

Pourquoi ces gros gars tiennent absolument à te prouver par A + B que c’est des gros cons, ils viennent te chercher jusque chez toi et ils te lâchent que quand t’as bien assimilé qu’ils sont bien bien pourris jusqu’au cul et que c’est même ça qui les rend formidables tu le saurais si t’étais moins cruche et ignare d’abord. Je pige pas.

C’est un peu ballot, parce que j’arrive à voir que c’est pas totalement des merdes mais ça les énerve qu’on voit qu’ils sont pas des merdes et ils font preuve d’un zèle exemplaire pour prouver leur point que si si on est bel et bien complètement des merdes. J’aime qu’on défende ses idées avec fougue et panache, aussi je me propose de fournir les médailles à ces Victorieux Conquérants.

Note que je ris un peu jaune.

Dans la vie, je mate des lourds draguer comme des lourds en prétendant que c’est autre chose. C’est incroyable, c’est une sorte de Puy du Fou en accès libre partout, une représentation permanente, y’a qu’à se poser à peu près n’importe où et hop. Je soupire parce que ces cons s’accaparent les meuf marrantes pour tuer leur marranterie, et ils les jettent quand ils les ont bien vidées de toute joie de vivre au lieu de se contenter de niquer simplement.

Et on s’étonne après qu’on s’emmerde de plus en plus avec ces trous noirs à venir tout aspirer le fun de la vie.

On atterrit au premier rade pour faire un bilan à grand coups d’insultes qu’on arrose de bière. Un mec à la coule commente de la table à côté, on papote, et on repart après que je lui ai dit : toi, t’as l’air bien faudrait qu’on se revoit, tout ça parce qu’il m’a renversée de bonheur à dire du mal du travail, je suis vraiment tarte, ou bien vraiment très très très très très optimiste tellement qu’il faut me foutre un diag sur la gueule pour qu’un mec me courre après avec un filet à papillon, je vois que ça. Je pouvais pas le draguer de suite j’étais avec ma pote et merde alors il me reste encore un peu de considération pour mon prochain.

Hier le second mec rigolo-mais-finalement-non-je-suis-un-gros-melon était d’un autre genre encore, du style vaguement célèbre dans la catégorie « humour ». Je lui fait remarquer qu’il avait pas besoin de faire un numéro romantico-geignard pour draguer et lui ai demandé si préfèrerait pas niquer dans la joie, par exemple, plutôt qu’en prenant des poses de cocker extatique qui plisse les yeux en geignant Stairway To Heaven. Mon cerveau m’envoie ce genre d’image mentale sans que je lui demande rien, ça explique peut-être que mon humour restera à jamais incompris, et ça explique pourquoi je suis du genre à avoir une pote à me décrire un mec à qui on avait toutes les deux roulé des pelles « lui, il a une bouche à se la frotter sur des canapés en velours ».

Mes amis sont mieux que les tiens.

Je disais donc : jveux dire pour un humoriste c’est assez chelou de se la jouer Cantat sous lexomyl, quand même, nan ?

Comme tout gars vaguement célèbre il s’imagine qu’on en a quelque chose à branler et qu’on est subjuguées par sa grosse bite métaphorique, bon. Bah à peu près autant qu’une Porsche ou mon perf passé 35 ans, pour situer, on s’imagine que c’est clinquant et on a juste l’air con, faut juste le savoir et l’assumer pleinement.

Encore un qui a placé son ego au mauvaise endroit, et même au pire : son travail. C’est quand même fou que tout ce temps et toute cette existence n’amène jamais à la conclusion que si un truc te rend malheureux que tu sois dedans ou que t’en sortes ou que tu en aies un besoin vital, c’est que c’est de la merde je comprends pas trop. Pourquoi flipper autant d’être marrant ou relax. C’est quoi le truc.

Je l’avais reconnu, mais je suis tarte alors je me disais que possiblement c’était pas lui et puis de toutes façons j’en avais rien à battre et j’avais surtout envie de bière et de soupirer, voire de soupirer dans ma bière, voire soyons fous, de rigoler un peu. Le mec m’a sorti « on est du même tonneau, toi et moi » et je me suis dit allons bon, alors j’ai répondu « un tonneau ? quel tonneau ? je sors fumer, tu me raconteras ce que c’est que cette histoire de tonneau, là ».

J’espérais que ça n’avait rien à voir avec ce rade à gauchistes libidineux près de Répu où des bourgeois trouvent subversif de finir leurs soirées en tentant d’emballer des pauvres meufs du lumpen pour des plans sordides à 3, meufs qui préfèrent se tailler pour aller raconter des conneries avec des perraves au bord du canal, et plus avec un contenant pour rhum ce qui voudrait dire que possiblement y’aurait des pirates dans la discussion. Je suis con, énième démonstration.

Ce genre de gars VEUT te faire savoir qui il est Tout le monde s’en fout ou l’a bien reconnu mais voilà faut qu’on le sache quand même. Faudra un jour m’expliquer pour quelle raison pratique parce que je vois pas du tout. Ils se sentent sans doute à poil sans ça, je sais pas. Alors plutôt que m’énerver je joue à un de mes petits jeux prefs : renvoyer les balles avec ce que j’imagine être un flegme royal. On a les plaisirs qu’on peut et celui à me coûte que dalle et en temps de crise, on crache pas sur ce genre de choses enfin je veux dire encore moins qu’en pas temps de crise sans doute sauf qu’on saura jamais vu que pour nous autres c’est toujours la crise. Et c’est un jeu stupide qui permet de débusquer d’éventuels nouveaux rigolos planqués autour : ils se mettent à ricaner bêtement et on les repère beaucoup mieux et on se fait des copains comme ça dans le bas peuple. Alors bon je me lance joyeusement à toute occasion de ce genre.

Alors qu’il se vantait avoir fait un clip avec Brigitte Fontaine de je sais plus quoi dont j’avais environ rien à branler, j’ai répondu : ah ouai et vous avez réussi à lui décoller cette tique de Benoit Mouchart pour faire le clip ?

Les copines sont dument écroulées. Le mec : lueur d’admiration dans le regard qui me fait pitié. Ha oui merde je suis con c’est que quand on se vante comme ça à partir de n’importe quel name-dropping, forcément on croit fermement à la renommée au delà de la Plainelière, j’oublie tout le temps : il se marre pas à ma connerie, il admire.

J’ai roté ma bière comme à 16 ans histoire de rappeler qui je suis et parce que fallait faire un peu de place pour le prochain demi.

Je l’intrigue. Il veut gratter de l’info. Et qui je suis et qu’est ce que je fais. Je ricane bêtement et je dis que je suis glandeuse, ma pote dit rhooo mais non t’es artiste. Ouais mais nan nan je suis pas artiste je suis glandeuse, je dessine juste pour m’occuper, et pour payer le loyer et puis c’est tout, lâchez moi la grappe avec ces conneries d’artiste. C’est pas possible cette ville qui peut tout simplement pas s’en foutre.

J’aime flamber que je suis pas flambeuse, c’est un délice de roi. La meuf, elle, pose les bonnes questions : dis donc pourquoi t’aimes pas Machin et Truc et qu’est-ce que tu penses de Bidule tiens ? Je me fais bien du plaisir à répondre que tous sont d’absolus gros cons, elle voit très bien de quoi je cause comme moi le gap générationnel ça doit être un magasin de fringues parce que je l’ai jamais vu, perso. Ou alors il existe pour taper sur des gens pas d’accord quand ils sont plus vieux ou plus jeunes, ou pour tenter de le bousiller uniquement quand on prend du bide et qu’on se dit que violer des enfants ça donnerait une seconde jeunesse, ce qui revient à peu près à la même question philo à deux balles que les porcs adorent poser. C’est à ça que ça sert, la Culture.

Elle se bidonne et je suis aux anges quand les gens se bidonnent quand je sors l’artillerie. C’est moins crevant que l’exercice du pouvoir et ça fait du bien, ma petite routine de jouvence perso, vachement moins douteuse que la plupart en vogue si on prend garde à surtout pas en faire un satané travail comme à peu près tout ce qui est fun en ce bas monde qu’on se dépêche de pourrir en en faisant une gloire.

Les mecs pas marrants aiment pas les meufs marrantes. Et les célébrités humoristiques en déchéance qui ont perdu leurs potes de vue ont perdu en même temps leur sens de l’humour, c’est triste à voir.

Alors le gars aime pas que je fasse rigoler la meuf et essaie sans arrêt de s’accaparer son attention parce que si on le perd de vue 1/2 seconde pour rigoler ensemble, il tomberait raide mort et l’humanité toute entière serait anéantie de chagrin.

Donc dès qu’il est un peu spontané ou parle un peu trop de ses fragilités, dès qu’il montre qu’il peut être chouette ou drôle ou s’en carrer il se dépêche très vite de rappeler que c’est un gros con. Il se montrait quand même assez curieux de ma personne et cherchait toujours à comprendre. Alors qu’on causait de godes, le mec m’a demandé où j’en étais. J’en suis nulle part, j’ai répondu, tout ça m’emmerde, le couple c’est le travail qui vient bousiller toute joie et ça me répugne. Il a raconté qu’il était allé voir une domina pour se faire enculer en montrant la taille du gode de ses mains. Beau morceau. Je lui ai demandé si il avait kiffé, il m’a dit oui.

Histoire de lui rappeler deux trois réalités pas très poétiques dans son numéro de romantique avec la meuf, je lui ai demandé son âge. J’ai demandé celui de la meuf. J’ai rien commenté, misant tout sur mon regard que je souhaitais le plus blasé possible, vu qu’il avait 60 piges et la nana 27. Je suis nulle en maths, mais tout de même.

Le gars a du se dire sacredieu y’a une qui a découvert le fonctionnement de notre grand merdier secret très secret comment se fesse on est pourtant mega discrets merde !!!!

Evidemment la meuf était aussi débile que moi et panait rien à ce qu’il faisait. Ça devait être pour ça qu’elle se bidonnait avec nous autres les autres meufs débiles. Alors il s’est énervé après moi parce que j’arrêtais pas d’écouter la conversation des gens à ma table que quand même c’est dingue ça t il a craqué son slip comme le premier rigolo de la soirée qui finit par hurler QUE NON NON JE SUIS PAS UN MEC CHOUETTE PUTAIN PLUTÔT MOURIR QUE D’ÊTRE SYMPA : il s’est redressé et il m’a fait face en appelant mon prénom fermement dans la même posture professorale que tout rigolo pris en flag de non-rigolerie le fait : il m’a rappelé qui il était, en tapant de son viril doigt sur la table. Son CV. Sa gloire. Les années passées et dument comptées à apparaitre dans un poste de télévision pour faire rire des gens qui regardent le poste de télévision. Non mais tu sais qui je suis. Et je fronce les sourcils. Et je répète ton prénom en prenant une voix grave.

Je regardais le comique professionnel me gronder que je le laissais pas faire son cirque comme il voulait et s’énerver tout seul parce que sa proie se bidonnait au lieu de se languir correctement en l’admirant de ses grands yeux mouillés.

Et on est rentrées vers notre quartier avec ma pote en rebondissant sur les murs comme des boules de flipper une fois ma mission sur terre encore accomplie. Scoubidou retire le masque de clown et t’as juste encore le patron de la fête forraine dessous.

C’est un comble ça on peut plus faire son Ronsard tranquillement quand y’a cette grosse andouille de tanx dans les parages ou bien, putain, y’a pu d’respect c’est la fin de la civilisation au moins.

rencontre du type

J’étais là à me balader comme on mange son pain quotidien vers la rue de Crimée, quand j’ai croisé une tête de cul connue. Bon ok Paris c’est un peu Tête-De-Cul-Land, mais celle là je la connaissais d’un temps plus lointain.

-HEY D. !
-heu ?
-tu me remets pas hin
-hmm *scrute* hmm non (ses yeux disent : putain c’est qui ce clodo)
-Mathilde
-???
-des beaux-arts.

Il a abandonné ses sapes de faux jeune artiste parisien pour des sapes d’artiste mûr parisien : il est passé du treillis “décalé” (rarement guillemets ne furent si bien utilisés) à l’intégrale grise, il a poussé le détail jusqu’aux cheveux et au teint. Je me demande si ses dents complètent ce camaïeu de joie de vivre Derrick. Non seulement c’est toujours aussi moche mais en plus il a une valise à roulettes à la con. Il met un temps à me remettre, faut dire que si je suis voyou classe maintenant, à l’époque c’était les robes trop ptites ras la salle de jeu, couettes et parfois même talons. C’était perrave aussi, un des mecs que j’ai fréquenté à cette époque ronchonnait que j’étais pas assez féminine. Comme quoi hin, si t’aimes pas qu’on te traite en tas de viande et que t’adores faire l’andouille, t’auras beau être Monica Bellucci on verra toujours Josiane Balasko. Et y’a aucun souci avec ça.

On me prenait déjà pour une conne, mais dans un autre style : du genre de celles chez qui on trouve la connerie alléchante. Ça voulait dire que comme maintenant, on pensait que l’habit fait le moine et je me marrais déjà beaucoup dans ce petit théâtre. Note que ça n’a pas changé, juste les sales mecs en prenant du bide apprennent à être plus discrets, et encore. Ils sont si cons par contre qu’ils s’imaginent jamais qu’on puisse causer entre tas de viande, et qu’on a aussi de très bons potes mecs et que eux non plus sont ni aveugles ni sourds ni insensibles à leurs saloperies. Et que c’est pas parce que t’es pas dans un milieu que tu sais pas ce qu’il s’y passe. Justement : c’est parce que t’ignores rien de ce qu’il s’y passe que tu y es pas.

Mais enfin pour y revenir, cette tête de bite se souvient pas de moi, c’est un peu fort de robusta. J’ai l’heur de penser que je marque les esprits à tout jamais, et lui il me dit qu’il voit pas, quel affront.

Mais si, souviens toi abruti, je suis celle que tu as fait chier des plombes, et puis à tous les coins de l’école ? souviens toi, je suis celle qui t’avais hurlé dessus d’arrêter ce cirque un jour devant la machine à café ? Et puis en plein repas post-vernissage parce que t’as fait chier le mec avec qui je passais tout mon temps alors, il était tout gentil et marrant et il avait rien demandé à personne, tu t’étais foutu de son âge parce que te taper des meufs de 15 ans de moins que toi sur lesquelles t’as un pouvoir c’est cool mais qu’elles se tapent des copains un poil plus jeunes qu’elles c’est risible, alors faut s’en prendre à ce mec qui est pas du genre à devenir agressif parce qu’il est trop gentil pour ça, t’es sûr tu remets pas ? j’avais quitté la table avec ce copain, en te hurlant dessus que t’étais un pauvre type, ça te revient ? je suis la meuf que t’avais réveillée en pleine nuit pour me demander si je t’avais écrit et je t’avais dit oui je t’avais écrit POUR QUE TU ME LÂCHES LA GRAPPE et c’est ta femme qui avait intercepté la lettre.

J’avais trouvé ça hilarant. Presque autant que l’entendre chouiner que c’était la merde chez lui depuis que ladite femme gagnait plus de fric que lui.

C’était très gênant de voir son air extatique au réveil le lendemain de cette pauvre coucherie aussi excitante qu’une redif des chiffres et des lettres, coucherie que je lui avais accordée dans l’espoir que son fantasme retombe comme un soufflé et parce que bah oui je baise so what. J’ai pas eu le mémo qui dit que des meufs doivent niquer comme ceci comme cela avec machin avec truc et dans les liens sacrés du mariage uniquement. Note au passage que le mariage, ça peut aussi se faire sans cérémonie, sans bague ni rien, y’a pas de pièce montée ok mais bon ça a l’avantage d’être économique et d’être anar-friendly : avec un bon vieux chantage affectif complètement gratuit.

Donc je disais que ce con avait levé le nez pour s’émerveiller comme un ravi de la crèche du parachute que j’avais foutu au dessus de mon lit parce que j’ai toujours eu du talent pour la déco pétée la plus fire-friendly du monde. Il prétendait être marrant et détaché comme tous les couillons à clamer partout vouloir les meufs libres, sauf qu’une fois qu’ils en rencontrent ils se rendent compte qu’ils sont pas fait pour ça alors ils s’acharnent à les faire chier à mort jusqu’à ce qu’elles craquent et ils changent de crèmerie pour trouver une meuf libre mais pas libre mais libre mais enfin surtout pas libre pour recommencer ce merdier.

Ce genre de connard pense que tomber sur des meufs qui s’amusent dans leur vie pas encore rangée c’est tomber amoureux, ils pensent que la clé se trouve dans une personne extérieure, de préférence bien foutue, jeune et la plus con possible. Ils savent absolument pas ce que ça peut-être l’amour mais ils en causent en permanence en se prenant pour des poètes, ils s’imaginent qu’écrire de pleines pages sur tes cuisses d’albâtre et la courbe suave de ton nichon gauche les rend irrésistibles.

Ce con-là s’était tapé une autre étudiante plus jeune encore après qu’il ait finalement compris que plus il insistera plus je hurlerai, et qu’à un moment si les hurlements suffisent pas à faire comprendre qu’il faut me foutre la paix, je peux encore jouer de mes petits poings. Il a du capter, aussi, que j’avais déjà le chic pour attirer des fous souvent à la rue en tous cas qui en ont plus rien à foutre, dont Double-Face, un type géant, teigneux  et nerveux, qui avait une ligne tatouée coupant son visage en deux. Il s’était épris de moi au point de m’offrir 6 pulls trop moches et trop grands à la Noël mais je m’égare, ça sera pour une autre fois, cette histoire. Mais on peut déjà en dire que j’ai jamais eu le moindre mal à calmer les ardeurs de ce genre de gars, qui n’a d’ailleurs jamais rien tenté d’autres que ces cadeaux timides et un poil perturbants.

Je suis lente à comprendre les choses, mais à côté de mecs pareils à continuer à croire qu’on voit rien de leur cirque passé 22 ans, je suis une fusée. Ils me font penser à mon brave Bubu qui se croit planqué quand il me voit pas, les yeux derrière un pied de table. C’est attendrissant chez un gros chachat à sa mémère, mais ça donne bien envie de filer des gros coups de boules par ailleurs. Je suis vraiment navrée d’être spéciste comme ça mais y’a pas grand chose pour m’aider, avouez.

C’était une nana aussi alléchante, mais qui elle avait le bon goût de pas la ramener, et lui il était là, à profiter lâchement de son statut de prof en s’imaginant que c’est du sex-appeal qu’il avait pas, et qu’il a toujours pas. Pourtant y’a des mecs qui en vieillissant deviennent sublimes, justement en se décidant enfin à se dire qu’on en a rien à foutre. Ben lui, non : il était très moche dedans encore, et ça suintait jusqu’à imprégner son manteau en pure laine de mon cul sur la commode.

Ils s’envoyaient des coups de coudes avec son con de pote prof aussi venu de paris. Celui qui se plaignait de sa paye de prof alors qu’il en ramait pas une et que nous on devait se farcir des gros lourds qui se prenaient pour des Bukowski en leur servant des demis dans des rades de fachos pour payer nos études pour se faire poser des lapins vu que ces imbéciles de profs parisiens avaient passé la soirée de la veille à draguer les jeunettes en picolant comme des trous. C’était le bon vieux temps, le bon vieux temps où je m’en carrais pas mal de niquer un soir avec un con pour qu’il me lâche. Le bon vieux temps où j’avais pigé qu’un abruti extatique me défendrait mieux qu’une connasse miso pour mon diplôme. C’est le genre de choix qu’on a dans ces écoles, tu peux pas espérer devenir du chocolat à être abreuvée de chiasse. L’insulte du mec qui voit que le cul était plus gérable pour moi que l’insulte de la meuf qui voit que le cul aussi, au moins dans la bave y’avait un truc à tirer, contrairement au mépris.

Voilà. Ce genre de con là était devant moi. Il percute, et il a l’air aussi à l’aise que moi en vernissage au FRAC. C’est la rue, c’est mon domaine, et on me sert une occasion pareille comme sur un plateau, 20 ans plus tard, tu crois que c’est quoi, ça ? le cosmos, évidemment.
Il a vieillit, moi aussi. sauf que sur moi, ça rend bien. Je balance :

-toujours artiste ?
-oui… et toujours prof

ça suinte l’ennui, ça poisse aux entournures.
-mais et toi, il enchaine, je te croyais à Bordeaux
-bah je suis à paris depuis deux ans, presque trois.
-t’en as eu marre, trop petite ville ?
toujours aussi con de parisien, incapable de croire qu’on puisse kiffer la vie si on s’entasse pas comme des poules de batterie et sans musée en bas de chez toi. Zéro imagination.
-ceci cela, un mélange de choses mais ouai, plein le cul. mais Paris c’est pareil, j’ai déjà envie de bouger. Ça veut pas beaucoup cramer la société par ici, on se fait chier.

Et moi quand je m’emmerde, ça me rend bête, ça me fait régresser, j’ai la curiosité qui s’étiole.

Il sait pas quelle tête faire il se gratte le front, il regarde par terre, il hésite. Je me demande si je mets les pieds dans le plat, mais tout ce qu’il m’inspire c’est une profonde pitié et j’aime pas tirer sur les ambulances, à vaincre sans je sais plus quoi on triomphe sans gloire.

-tu dessines toujours ?

Je dessinais encore malgré tout ce que l’institution pouvait être critique du dessin, il kiffait bien mais il le disait pas parce que c’était la honte d’aimer le beau dessin aux beaux arts, c’était pas très orthodoxe. Il disait avec honte qu’il lisait des comics, et les autres profs ricanaient, parce que c’était vraiment qu’un ramassis d’imbéciles obtus, fallait bien préparer les jeunes ouailles à devenir bien snobs à leur tour.

-hhmmmmouai
-ouh c’est pas un oui très franc ça, il prend un air entre la jouissance et la compassion, j’ai envie de lui faire manger sa veste moche.
-ho détrompes toi, j’aurais pu cartonner, mais juste ça m’emmerde j’ai pas envie.

Je suis là, plantée dans mon futal tout moche et tout crade sous mon manteau trop grand et mon tish SACCAGE PARIS et je me tiens comme la paysanne que je suis, je sors une roulée tordue de mon étui à cigarette en fine fleur de duct-tape râpé je suis grave fière de saisir aussi somptueusement cette occasion de bien faire ma branleuse, et il me sort :

-ha tu voulais pas entrer dans ce système…
-bah non

Mais enfin il aurait pu s’en douter vu comment j’ai pu faire chier du temps de mes études, y’avait comme des indices. Pourquoi je serais entrée plus dans celui-ci que celui-là. Il a l’air déçu un peu que j’aie finalement pas craqué, ou alors j’interprète comme ça pasque ça me fait plaisir.

Il me demande si je vois encore des gens, je reste évasive, pas envie de causer des copainEs à ce mec, ça les salirait. Je dis quand même que je sais que des potes sont devenus techniciens à l’école. Il fait une grimace et marmonne un “c’est bien” qui schlingue.

-bah ouai c’est bien, c’est très bien même.

Mon humour se fait la malle, merde, j’y peux rien le mépris de classe autant sur moi tu peux y aller j’en ai rien à carrer, mais sur les copains c’est un truc qui me fait vriller de suite. Mais je garde mon calme et je me contente de lever le menton, et je vole toutes les insultes du ciel pour les mettre dans mes yeux.

Il me sort encore 3 banalités aussi grises que lui, je réponds de façon expéditive et toujours en insistant sur ma fierté à être bien perrave parce que je suis con. Il me demande où j’habite, je réponds Stalingrad. Et j’ajoute tranquillement que j’y suis très bien, et à ma place au milieu des drogués, coupant court à sa nouvelle moue dégoutée. Il a pitié de moi ça transpire, c’est très plaisant d’être méprisée par ce genre de personne, je vous conseille. J’ai coupé court, en sortant encore une roulée tordue de mon étui pourri, en lâchant “bon ben je continue ma balade moi, allez bye” et hop, j’ai disparu de sa vie à nouveau.

J’ai juste raté cette occasion de lui mettre le nez dans son caca, en demandant négligemment si il harcelait encore des jeunes et fraiches étudiantes là où il enseigne désormais à Lyon. Alors bon plutôt qu’arpenter la rue de crimée nuit et jour dans l’espoir de retomber sur cette enclume je me suis dit que j’allais écrire, parce que j’ai quand même vachement la flemme.

Poïétique ’95

j’avais la mélancolie des dimanches devenus trop longs depuis que Benny Hill n’est plus j’avais la gorge qui gratte
j’avais les doigts qui puent.

J’ai mis une autre compil Thunderdome,
et tout s’est brouillé dans la folie 185 BPM wikipedia-google-youtube.

Je sortais d’un brouillard 3h plus tard sans plus trop comprendre dans quel terrier encore je m’étais perdue, et je faisais face à Rimbaud.