les belles histoires de Përë Cästör

Jadis, naguère, on cherchait un éditeur pour Esthétique et Filatures avec Mandel.
C’est une histoire de gouines écrite par Mandel et dessinée par Godzilla (moi), et on se mangeait que des fours à envoyer le dossier aux éditeurs qu faisaient très bien leur travail en ne répondant surtout pas aux auteurs en chien à bosser dansle vide en bouffant des nouilles à rien.

Depuis  mandel a bien réussi dans la vie grâce à son habile savoir-faire avec les éditeurs, comme par exemple la fois où elle est allée négocier avec le patron  que je bosse gratos sur un blog pour une série spin off de cette BD finalemtn sortie chez un sous label* de Casterman  pour me dire de m’y coller  après en ces termes à peu près « mais bien dessiné pas en pourri comme sur ton blog, là ».

quand j’ai ronchonné que pourquoi elle va causer au patron dans mon dos sans me le dire alors que je suis juste à côté pour négocier de la merde dont je veux pas elle m’a dit que je foutais les chocottes au grand chef, parce que je ronchonne quand le boulot est tout salopé, que je suis pas payé et qu’on me prend pour un con par dessus le marché.

(*c’était un sous truc qui faisait de la  BD longue pour pour sous payer les auteurs en appelant ça du « roman graphique » qui donne l’impression qu’on va aller chez Bernard Pivote alors que tu vas à france culture pour entendre un vieux con dire que depuis Tintin, y’a plus de BD digne de ce nom (j’ai pas pu retenir un ricanement, il m’a fait les gros yeux), entre deux questions du journaliste obsédé par le fait que les persos sont des gouines alors qu’il se passe plein d’autre trucs dans la bédé que je me suis apparemment pété le cul à faire pour que dalle et que j’aurais mieux fait de faire direct une autoédition porno gouine que ça aurait mieux payé en plus de rencontrer des gens plus marrants, putain. fin de la parenthèse.)

on savait comment me parler pour que je bosse bien en gardant le sourire dans ces boulots !

bref, quand on cherchait encore un éditeur, pendant le festival international de la saucisse-kebab-giant-gaviscon-coca-lopéramide d’angoulême, Mandel avait voulu aller voir Trondheim

C’est un mec qui a fait carrière sur un pari qu’il pouvait faire de la BD en sachant pas dessiner et qu’est devenu un peu genre d’éditeur, mais sans pouvoir sauf celui de faire des selfies avec le président. On appelle ça un « directeur de collection » ça fait chic, c’est super payé, et ça sert à rien.

Bref moi je suivais en ronchonnant dans le Mercure. C’est l’hôtel des  Vrais Auteurs de  BD © :

une histoire dans l’histoire, quel vertige !

 

 

Et donc Mandel a voulu expliquer le topo de la BD de lesbiennes à Trondheim sans doute dans l’espoir vibrant d’un miracle de pouvoir l’entendre nous susurrer  « je vais en parler au big boss dans son hélicoptère,  mais vous savez je n’ai aucun pouvoir décisionnel » et ainsi  être touchéEs par la grâce et nous pâmer d’extase.

elle m’a vaguement désignéE en disant que c’est tanxxx qui dessine vu que j’étais là, que jétais tanxxx et que je dessinais. Trondheim juste en face de moi a causé de tanxxxx à mandel juste à  côté de moi en disant « elle » et « tanxxx ».

Ou bien d’un coup j’étais propulsé en Roi du Monde mais j’avais quand même de sérieux doutes, me semblait bien que j’avais plutôt transitionné en plante verte du hall du Mercure. C’est pas un karma super enviable de se farcir des discussion sur les 48cc en vogue avec des VRP tout gris (48 cc c’est l’habile raccourci pour désigner les albums de « 48 pages à couverture cartonnée » ALORS C’EST PUTAIN  DE PASSIONNANT NAN VOUS TROUVEZ PAS ?

je me suis demandé 2 secondes comment utiliser mon superpouvoir. je me suis demandé si j’allais piller le bar, si j’allais détruire les chiottes (c’est arrivé à une autre édition du festival de la merguez-crèpebeurresucre mais c’est une autre histoire( mais j’avais pas fait exprès)), ou bien est-ce que j’allais fais du ghost stage diving sur Baru qui pérorait sur les qualités anatomiques des dessins de Serperi (je sais pas)

j’ai juste fait PFFFF et en lâchant à Mandel un « bon ben moi je bosse pas avec un con qui s’adresse pas à moi directement alor que je suis là devant hin ciao » ou quelque chose dans le genre  et je me suis barré.

c’est un peu après qu’il m’a fait le coup du daddy qui refile du conseil en dessin alors que tout le monde me disait que je faisais de la merde et que j’en avais un peu plein le cul

je suppose que ça veut dire que je peux postuler pour être  directeur de collection chez glénatdelcourt, on sait pas.

bref voilà  : faudrait que je travaille mes réparties.

 

c’est y’a pas très longtemps dans les chiottes d’une galerie parisienne.  Pourquoi j’étais allé dans une galerie ?!! voir un pote et picoler à l’oeil, wat else. Ouaiii je sais que c’est l’écriture de l’autre connard dont le nom m’échappe mais qui s’en bat les couilles ? moi, par exemple

aventure en stéréo

Mon cher Igor,

tu n’es plus là, mon ventre n’est qu’un tirebouchonnement de viscères, mais tu continues de m’accompagner par monts et par vaux et alors que l’aventure souffle sur ma zone nuquière ainsi que la nomenclature l’édicte j’ouvre à nouveau ce vieux carnet aux coins abimés par moultes cavalcades et autres rocambolesques rebondissements.

Vaillant, alerte, enthousiaste, je m’apprêtais donc à une introduction où j’adressa la prière et paya ma dime pour être introduit en cette mystérieuse société. Ha ! optimiste comme un enfant, emporté comme un adolescent, naïf !

je te joins une description des génuflexions et autres danses traditionnelles de l’introduction initiatique à des fins d’archivage

fi de tout cela, mon cœur est pur et mon enthousiasme n’est point égratigné, aussi je te dis au revoir mon cher Igor, jusqu’à la prochaine épreuve !

Ta Sysyl

 

 

 

la fois où j’ai pas croisé Mickey 3D (nostalgie renversante)

c’était fin des années 90 ou début 2000 je sais plus, au confort moderne et y’a mon frère qui jouait dans le groupe qui faisait sa première partie je sais plus le nom du groupe, alors on s’est dit cool on va pouvoir taper des bières en backstage, bah non, figurez vous parce que Mickey 3D il partageait pas « ses » loges et pas « ses » bières non plus avec les gueux de premières parties. Du coup j’ai pas croisé Mickey 3D. FIN.

le plombier (nouvelle érotique)

le plombier est venu. Je me languissais de le voir depuis plus d’une semaine, le plic ploc sous le cumulus rythmait mon attente en choeur avec celui du robinet sur lequel j’ai toujours pas changé le joint. Il est arrivé, avec une caisse en carton, son ventre pris dans l’étreinte d’une large ceinture de soutien, en déclarant qu’il s’était garé comme un thug en bas sur le rond-point. Je me suis entortillé une mèche que j’ai plus, j’ai déployé ma gorge dans un rire cristallin.

Il a regardé le groupe de sécurité, il m’a regardé en biais en caressant la chose qui explosa aussitôt en gerbe de plastique, laissant tomber lourdement une autre pièce. Etait ce un écrou ?

l’eau inonda ses avant bras où les muscles jouaient sous la peau et alors qu’il m’ordonnait de vérifier que j’avais coupé l’eau, il se jeta comme un fou sur la réparation, se riant de la brûlure. Il poussait des râles en susurrant des « viens là toi » au petit tuyau récalcitrant tout en maniant vigoureusement sa grosse clé à molette. Il est reparti, après avoir tout dégueulassé ma cuisine, que je nettoyais dévotement à la since*, une légère sueur me mouillant les dessous de bras.

* c’est la wassingue du 7-9

que faire d’une information d’une importance capitale ?

décors :
un coin de rue parisien, en fin d’après midi de beau temps.Beaucoup de passants, à pied, à vélo, en roller, en autruche, s’activent entre deux passages de voiture.

Personnages
Truand 1 : une personne avec une coupe de cheveux courte, dont un épi qui laisse entrevoir une blessure récente à la tête d’un combat de rue, on peut compte 47 points de suture
Bandit 2 : une personne portant une casquette où on peut lire FUCK écrits en sequins et un badge « bädgë », l’air mauvais, teigneux et prêt à en découdre, une large balafre à la main gauche d’une baston au schlass contre 72 fachos.
Normal 3 : une personne avec une tête normale, portant des vêtement en tweed avec des coudes en cuir marron, portant la raie sur le côté.

Truand 1 et Bandit 2 boivent un demi-tonneau de bière à 666° en terrasse, face à face sur une petite table ronde de type table de jardin.

La discussion est animée, ponctuée de gros mots et d’éclats de rire gutturaux. Seuls quelques éclats de voix sont audibles :
« … FASCISTES !………………………………….. CONNARD !!………… BITE …………….NON MAIS SERIEUZMENT ! ……………… BEURRE !!!……………………………………………..T’EN REPRENDS UN ?………………. BAYSAY DANS LES NOUILLES !!!………. FOOT ……… MUSCU……………………………………….. BURP……………….. ROULER DES PELLES……………. …., etc. »

Normal 3 arrive du côté jardin et s’approche, un peu timidement et parlant doucement :
– bonjour… Est-ce que je peux vous prendre cette assise ?
Truand 1 et Bandit 2 :
-hin ?!! ben oui oui oui pas de souci !
Normal 3 prend le tabouret en métal libre aux côté de Bandit 2 et disparait en trottinant à pas feutrés côté jardin

Truand 1 :
-« assise ?!!! » hé ben !!!
Bandit 2 : –« assise » mais nom de dieu qu’est ce qu’ils ont dans cette ville putain !!!! ils peuvent pas dire TABOURET comme tout le monde nan
T1 : –ça fait un strip ça !!
B2, se frotte les tempes activement et déclare en se levant : -ah oui faut que j’y pense nom de dla !! et il plante un énorme couteau à double lame dans le bois d’une tabouret en bois de la terrasse, le faisant éclater en milliards de cure-dents qui s’avèrent fort utiles pour servir des petits bouts de melon frais à l’apéritif.

Rideau